Je croyais avoir terminé le deuil de notre enfant, je ne l’avais pas entamé.
– Vous avez déjà nettoyé une piscine ?
Le docteur Pasquier et ses questions étranges.
– Non, pourquoi ?
– Quand une piscine est sale, l’eau est trouble, opaque, elle ne donne pas envie de s’y plonger. Pour la nettoyer, il faut d’abord frotter le fond, décoller toutes les saletés pour les faire remonter. Seulement alors on peut les aspirer et les éliminer. Eh bien, vous êtes une piscine. Tous vos traumatismes remontent à la surface, poursuit-il. C’est long, c’est douloureux, mais c’est nécessaire pour pouvoir les digérer et leur laisser la juste place. Vous savez, il y a une chose dont je suis témoin tous les jours. Ce n’est pas parce que ça ne se termine pas comme vous le voulez que ça ne se termine pas bien.
On accepte plus facilement les choses que l’on sait que celles que l’on ignore. En voulant vous protéger, j’ai fait le contraire.
On devrait nous prévenir que devenir adulte donne la gueule de bois.
L’avenir s’annonçait lumineux, mais nous avions beau essayer, il manquait quelques dents à nos sourires.
L’ivresse, c’est l’endroit où vont ceux qui ne veulent être nulle part. C’est l’endroit où on peut mourir un peu, mais pas tout à fait.
J’oscillais entre regret de constater la dégradation de notre relation et colère de la voir si douce avec les autres et si distante avec moi.
La douleur, c’est comme un boomerang. Si on essaie de l’envoyer loin de soi, elle nous revient en pleine tête.
J’ai cru que, si je n’en parlais pas, on pourrait faire comme si ça n’avait jamais existé.
J’ai cru que, en m’interdisant d’y penser, cela deviendrait un souvenir tellement flou qu’il ne m’appartiendrait plus vraiment.
— "Доброе утро" сказать не хочешь?
— Подумываю об этом, — ответил я.
— Ну хоть с кровати встал, уже хорошо.
— После долгих размышлений.